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Quelle eau de boisson ?

L'eau source de notre vie...

 

Eau du robinet, eau en bouteille plastique, en bouteille de verre, eau minérale ou peu minéralisée, eau filtrée par osmose inverse ou charbon actif, voire dynamisée… Comment s’y reconnaître ? Quelques ébauches de réponses dans un océan d’incertitudes et l’attente d’études plus poussées pour y voir plus clair.

 

 

Une part infime de notre consommation d’eau quotidienne est consacrée à l’eau de boisson (1). Celle-ci constitue néanmoins, in fine, l’essentiel de notre matière intime.
Cependant, la qualité de l’eau ingérée demeure la grande absente des mondes de la nutrition et de la médecine et devrait posséder une haute valeur ajoutée qualitative. Un comble pour une substance qui nous constitue en moyenne à 60 % !

Les offres d’eaux

Elles sont de quatre types :

-- Les eaux du réseau. Elles proviennent d’eaux brutes superficielles ou souterraines qui seront traitées pour satisfaire aux paramètres des limites de qualité des EDCH (eaux destinées à la consommation humaine) incluant l’eau de boisson.

--  Les eaux embouteillées qui comprennent
1) les eaux de source d’origine souterraine unique ou multiple à minéralité variable,
2) les eaux minérales provenant de sources profondes et dont la minéralité, peu ou très élevée selon les marques, doit être constante. Ces eaux possèdent des propriétés thérapeutiques reconnues par l’Académie de médecine.

--  Les eaux purifiées : les procédés de purification de l’eau (les carafes filtrantes, colonnes filtrantes et filtration par osmose inverse) peuvent traiter les eaux du réseau, de pluie ou de puits avec une efficacité plus ou moins grande selon la technique choisie. (Voir tableau de performances des systèmes de filtration pour les grandes catégories de polluants.)

--  Les eaux dites « structurées » ou « dynamisées » : les procédés de structuration de l’eau (ou PSE) sont des systèmes qui modifieraient les propriétés physiques ou chimiques des molécules d’eau par action sur leur structure. Ce ne sont ni des filtres, ni des adoucisseurs. Chaque procédé fait état d’allégations physico-chimiques sur les qualités et propriétés spécifiques de l’eau produite, ainsi que de revendications biologiques qui attribuent différentes vertus sanitaires à l’eau modifiée. (2)

Des recommandations contradictoires

Les consommateurs s’interrogent de plus en plus sur l’impact sanitaire à terme de la consommation des eaux de boisson issues d’eaux naturelles (eaux brutes) dont la qualité est fortement dégradée.
Les préconisations relatives à la qualité des eaux que nous devrions boire sont nombreuses, bien souvent contradictoires et polémiques. Quelles en sont les raisons ?

La science d’Aqua complex

L’eau est une substance aux propriétés insolites et encore très mal connues. De très nombreuses allégations totalement infondées circulent sur sa structure.
Citons deux exemples : le fantasme très répandu des clusters d’eau (eau trimère, hexagonale…) et le mythe persistant de l’eau pure (un liquide sans autres constituants que des molécules d’eau).

La guerre économique de l’eau

Les enjeux économiques de l’approvisionnement en eau de boisson sont tels qu’il n’est pas exagéré de parler d’une véritable « guerre commerciale » qui oppose, depuis plusieurs années, le lobby de l’eau du robinet à celui des embouteilleurs, sans oublier les sociétés de vente de systèmes domestiques de filtration. Aujourd’hui, crise oblige, les ventes de bouteilles ont accusé en France une chute en 2007 et 2008, tandis que le marché des filtres basiques (carafes) connaît un essor florissant.

Quels critères qualitatifs pour l’eau de boisson ?

Prenons trois critères simples pour départager d’abord les eaux de réseau et les eaux embouteillées.

- Le premier, d’ordre économique, est incontestablement en faveur des eaux du robinet ; une eau du réseau est au minimum 40 fois moins chère que le premier prix d’une eau de source.

- Le second, d’ordre écologique, est ici encore en faveur de la première catégorie. En effet, les eaux en bouteilles, principalement conditionnées plastique (polyéthylène téréphtalate – PET), nécessitent du pétrole mais surtout toute eau embouteillée présente un bilan carbone très négatif pour son transport (plusieurs centaines de kilomètres en moyenne).
Le choix se portera donc, dans un premier temps, sur les eaux de réseau.

- Les choses se compliquent maintenant singulièrement lorsqu’on intègre le troisième critère, d’ordre sanitaire. En effet, si en France la qualité des eaux de boisson (à l’exception des eaux minérales) est régie par les normes EDCH (eaux destinées à la consommation humaine) (3), il est nécessaire de prendre en compte de multiples facteurs pour apprécier le lien entre la valeur qualitative de l’eau et ses conséquences à terme sur notre santé. A ce sujet, l’écueil dans toute analyse consiste à éviter de tomber soit dans un discours « sanitairement correct », faussement rassurant, soit dans une argutie alarmiste éloignée des données épidémiologiques, médicales et scientifiques. De surcroît, il faut accepter, pour le grand public, l’existence de nombreuses incertitudes n’autorisant pas un consensus nutritionnel sur les paramètres d’une eau bonne à boire.

Les normes EDCH insuffisantes

Les normes EDCH, bien que tout à fait indispensables, ne tiennent pas compte :
- Du nombre important de polluants contenus dans l’eau. Les industriels indiquent fabriquer quelque 100 000 molécules de synthèse qui, pour la plupart, diffusent dans les milieux, dont l’eau (sans compter leurs produits de dégradation !). Or les normes EDCH ne prennent en compte que quelques dizaines de molécules ! Ajoutons que les normes actuelles n’intègrent pas, par exemple, la longue liste des résidus médicamenteux et hormonaux d’origine humaine ou vétérinaire (élevages hors-sol).

- De la synergie d’impact entre certains polluants. La quantification analytique des polluants recherchés ne permet pas de connaître la toxicité réelle d’une eau. En effet, l’évaluation des risques sanitaires est réalisée substance par substance, alors qu’en réalité coexistent dans l’eau une multitude de substances dont certaines agissent en potentialisant leurs effets. La nature de ces cocktails et leur toxicité sur les organismes vivants (faune, flore, humains) demeurent quasiment inconnues. De plus, cette évaluation toxicologique repose sur des modèles animaux ; sa valeur méthodologique pour en apprécier l’impact sur la santé humaine est contestable.

- Des effets des faibles doses d’un grand nombre de contaminants de l’eau qui sont pourtant connus depuis longtemps et scientifiquement incontestables. L’argutie des microdoses sans impact sanitaire est une antienne du discours scientifique et médical « orthodoxe » qui s’avère non recevable.

- Des conséquences sanitairement délétères à long terme de la bioaccumulation des substances polluantes (pesticides, métaux lourds…) dans l’organisme. Chaque espèce d’une chaîne alimentaire concentre toute matière toxique d’un facteur 10 à 100 environ. Or l’homme est le maillon final.

Toutes ces raisons prouvent que l’argumentaire majeur des promoteurs et partisans de l’eau du robinet, qui consiste à dire que l’eau est l’aliment le plus surveillé en France, cache une réalité objectivement très relative !
Pour autant, les eaux embouteillées ne sont pas indemnes des pollutions polyformes des ressources en eaux brutes dont elles sont issues.

Les interactions contenant-contenu

Aucun contenant n’est jamais totalement chimiquement neutre vis-à-vis de l’eau. Ainsi, il existe des interactions entre certaines matières plastiques et l’eau. Le PET, par exemple, principal plastique des bouteilles, relarguerait des substances agissant comme des perturbateurs endocriniens dans l’eau. (4). Cette affaire récente montre qu’il demeure encore beaucoup d’inconnues sur les interactions entre l’eau et les matériaux à son contact. Concernant les eaux de réseau, existe-t-il une toxicité des produits de dégradation des canalisations d’eau en polyéthylène par les dérivés chlorés ? … En définitive, le verre semble le matériau le plus neutre pour contenir l’eau. 
                                          

Nier les effets biologiquement néfastes à terme des pollutions des eaux de boisson n’est plus acceptable. Comment, sinon, expliquer alors la flambée des maladies dites de civilisation (cancers, allergies, pathologies neurodégénératives comme Alzheimer ou Parkinson…) ? La contamination des milieux (eau et air) et de l’alimentation en fait incontestablement le lit, même si les preuves épidémiologiques formelles manquent hélas encore !

Filtrer

En définitive, débarrasser les eaux de réseau de leur cocktail de polluants par des systèmes de filtration performants (charbon actif compressé ou fritté et osmose inverse) est une précaution sanitaire nécessaire et fondée. Cela ne devrait cependant pas dispenser chacun d’entre nous de garder toute notre vigilance environnementale pour améliorer la qualité des eaux de la nature.

Dynamiser ?

Se pose également la question de la « validité sanitaire » de boire des eaux « dynamisées ». Le socle de l’argumentaire commun à ces procédés de structurations de l’eau consiste à postuler qu’il existe des « eaux mortes » y compris après filtration, qu’il convient de transformer en « eaux vivantes » pour les rendre réellement assimilables par nos cellules (meilleure hydratation, vertus antioxydantes, métabolisme biochimique optimisé…). L’existence de multiples témoignages et de données expérimentales et de terrain intéressantes pour un certain nombre de procédés de dynamisation devrait susciter une réelle curiosité de la part des scientifiques. Cependant, tout reste à faire pour tester de manière scientifique, et surtout libre de tout intérêt commercial, les nombreux produits présents sur le marché.

pH, potentiel redox et minéralité : un autre débat

Un débat se fait jour en France (plutôt confidentiel mais sanitairement important !) concernant le pH et le potentiel d’oxydoréduction (redox) de l’eau entre les partisans de la bioélectronique de Vincent et ceux des eaux électrolysées.
Les premiers préconisent une eau plutôt acide et de redox neutre ou légèrement réducteur (c’est-à-dire une eau antioxydante), les seconds recommandent de boire une eau nettement basique (alcaline) et fortement réductrice. Ce dernier type d’eau est d’un emploi courant au Japon depuis plusieurs décennies et certaines publications lui attribuent des vertus thérapeutiques.
Nonobstant ces constats, force est de constater que nous manquons ici aussi d’évaluations médicales comparatives entre ces deux catégories d’eau sur des personnes en bonne santé ou malades afin d’aboutir à des préconisations étayées par des recherches cliniques.

La question de la minéralité souhaitable est une autre thématique majeure dans les débats sur la qualité de l’eau de boisson. Autrement dit, les minéraux dans l’eau sont-ils assimilables par notre organisme ? Selon la BEV, il est préférable de consommer une eau peu minéralisée (une fourchette comprise entre 15 et 150 mg/l est donnée à titre indicatif par Joseph Orszagh) car « l'eau sert plus par ce qu'elle emporte que par ce quelle apporte ». Cette préconisation s’applique aussi à l’eau osmosée qu’il est possible de « restructurer » chimiquement par l’apport de quelques grains de sels de mer ou gouttes de citron par exemple.
En revanche, pour les embouteilleurs, l’eau constitue une source appréciable d’apport en  minéraux pour le corps.
Ce sujet mériterait un article à part entière car il est des plus complexe d’un point de vue nutritionnel mais aussi en raison des importants enjeux commerciaux sous-jacents.
Au final, gardons à l’esprit qu’il n’existe pas de solution idéale et simple en matière de qualité de l’eau de boisson !


Pour un nouveau paradigme de la qualité de l’eau

L’actualité nous dispense régulièrement d’informations et de débats spéculatifs et généralement stériles sur la qualité des eaux de boissons avec leur cohorte d’avis divergents souvent non dénués d’arrière-pensées lobbyistes (exemple de l’affaire Servan-Schreiber mettent en cause la qualité de l’eau du robinet en juin 2009).
Il y a donc aujourd’hui une impérieuse nécessité pour dépasser ces positionnements théoriques, de passer à la réalité expérimentale.
Dans cette optique, un groupe interdisciplinaire comprenant actuellement une douzaine de scientifiques et de spécialistes de l’eau indépendants de tout intérêt commercial a construit un référentiel global de tests (physiques, chimiques et biologiques) permettant notamment d’évaluer la qualité de toute eau (quelles qu’en soient l’origine et la nature : eaux brutes, de boisson, de process industriels…). Une démarche innovante à suivre…

Yann Olivaux.
Hydrosophe, auteur et conférencier.

1. Soit 3 litres sur 3 500 dont 97 % sont de l’eau virtuelle nécessaire pour produire nos aliments, vêtements… et 3% constituent les eaux domestiques.
2. La nature de l’eau, Yann Olivaux, éd. Marco Pietteur, octobre 2007.
3. Décret 2001-1220, ayant pris effet le 25 décembre 2003.Ces normes comprennent notamment des limites de concentration à ne pas dépasser pour plusieurs dizaines de polluants.
4. « Endocrine disruptors in bottled mineral water: total estrogenic burden and migration from plastic bottle », Environmental Science and Pollution Research, 10 mars 2009.

 

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