Une vie plus saine - Divers - Les débuts de l'agriculture chimique  

   


   
Recherche rapide

Les débuts de l'agriculture chimique

Ou comment s'empoisonne la terre...

L'empoisonnement du sol par les additifs artificiels a commencé au milieu du siècle dernier. Justus VON LIEBIG, le chimiste allemand "père de l'agriculture chimique" en est l'inconscient responsable.
En observant une plante qu'il venait de faire brûler, il avait conclu à tort, que les éléments présents dans les cendres, azote (N), phosphore (P) et potasse (K), ou carbonate de potasse, nourrissaient les végétaux. C'est encore de nos jours, ce trio NPK qui règne sur l'agriculture chimique.


Débuts d'une dépendance

LIEBIG présenta sa découverte dans de nombreuses publications et les produits chimiques connurent rapidement un essor commercial très lucratif. Séduits par la publicité, les agriculteurs du monde entier devinrent dépendants des mines allemandes pour la fourniture de sels de potasse, appelés "chlorure de potasse". Sans ces sels, affirmait la publicité, leurs terres deviendraient stériles...

Quand la première guerre mondiale interrompit les exportations allemandes, les prospecteurs recherchèrent des gisements dans le sol américain et les compagnies américaines se lancèrent dans une exploitation rapide de ce filon lucratif.

La quantité d'acide phosphorique trouvée dans les cendres de sa plante avait également conduit LIEBIG  à la conclusion que le phosphore était indispensable. En traitant les os avec de l'acide sulfurique, il créa ce qu'il appelait un "superphosphate". Lorsque d'importantes quantités de phosphate de calcium (d'origine marine) furent découvertes, on mit en place l'industrie nouvelle du "fumier minéral".

L'entêtement de LIEBIG

Avant LIEBIG, les sols vierges étaient très fertiles et riches en humus. On pensait avec raison que cette matière brune et pourrissante était, à ses différents stades, la principale source d'alimentation des plantes. Mais LIEBIG attaqua cette notion avec force : il n'y avait pas l'ombre d'une preuve de l'influence de l'humus (ou de son dérivé, l'acide humique) sur la croissance des plantes, que ce fût par la nourriture ou de quelque autre manière.
Le biographe de LIEBIG, William SHESTON écrivait en 1875 : "Un homme raisonnable, écoutant les arguments et les faits présentés par LIEBIG, ne pouvait guère accepter la théorie de l'humus". Et pourtant...

Dix ans plus tard, LIEBIG devait finalement admettre que le secret de la fertilisation résidait précisément dans ces excrétions organiques, non chimiques. Mais il était déjà trop tard.
A ce moment là, les consortiums chimiques gagnaient déjà tellement d'argent qu'on ne put stopper leur entreprise de destruction du sol et de tout ce qu'il porte.

Sur les traces de LIEBIG, la chimie

Au tout début de l'âge de la chimie industrielle, le premier produit fabriqué fut l'acide sulfurique, avec lequel LIEBIG produisait son "superphosphate", liquide clair et corrosif, d'aspect huileux. C'est encore aujourd'hui, le produit chimique le plus vendu, car il sert à la fabrication d'une multitude d'autres substances, teintures, médicaments, papier, pigments et explosifs. A cette époque, le deuxième produit important préparé en laboratoire à des fins commerciales, était la soude, sel minéral soluble, utilisée dans les fabriques de savon et les verreries.

Mais en 1856, William Henry PERKIN, alors qu'il menait des expériences sur le goudron de houille, découvrit un colorant mauve dérivé du benzène.
C'était le premier colorant à base d'aniline qui, contrairement aux colorants naturels, résistait aux lavages. Il venait de créer par hasard, une nouvelle branche de la chimie. En effet, Friedrich VON KEKULE, disciple de LIEBIG, fit alors ce qui fut appelé "la prédiction la plus brillante dans toute l'histoire de la chimie organique", qui lui valut d'être anobli, en établissant que le benzène, molécule cyclique, était constitué de 6 atomes carbone, possédant chacun une liaison hydrogène. Les chimistes allemands entrevirent les combinaisons infinies qu'ils pouvaient créer dans leurs tubes à essais, en unissant le carbone et l'azote, à l'hydrogène, au soufre, au chlore...
Cela annonçait l'âge d'or des apprentis sorciers de l'ère chimique.

La chimie déploie ses ailes

Les médicaments vinrent rapidement s'ajouter aux stocks des grandes industries, les producteurs suisses et allemands de colorants ayant découvert une pharmacopée sans limite à partir du goudron de houille et d'autres déchets. Cette pharmacopée détruisait la santé, mais elle était source de profits énormes : les Etats Unis à eux seuls dépensaient 8 milliards de dollars chaque année pour ces prétendus médicaments. Le goudron de houille connut par la suite bien d'autres utilisations meurtrières, notamment avec l'essor des explosifs.

En 1905, Fritz HABER, un chimiste allemand, découvrit un procédé permettant de transformer les milliards d'atomes de l'air en ammoniaque liquide constituée de 82% d'azote. En 1915, il s'associe avec Karl BOSCH, ingénieur allemand, pour dresser les plans de la première usine d'ammoniaque synthétique du Reich.
Cela donna au haut commandement allemand la possibilité de conduire la guerre souhaitée par le Kaiser.
Guidés par un patriotisme tout intéressé, les firmes allemandes de colorants s'associèrent pour produire des explosifs, des engrais chimiques, des médicaments, et, en prime, des gaz toxiques qui firent 800 000 victimes lors de la première guerre mondiale...

Et que fait-on maintenant ?

A la fin des hostilités, les énormes quantités de gaz non utilisées furent employées contre les insectes, à grande échelle et avec les mêmes techniques que celles concues pour tuer l'homme.
Des quantités de plus en plus importantes d'azote furent ainsi répandues à tort et à travers sur les cultures. Leur résistance aux insectes s'en trouva rapidement diminuée et le cycle infernal que nous connaissons fut mis en route.
D'un côté, les bénéfices de quelques uns ne cessaient de croître, et de l'autre, le sol et la nappe phréatique étaient empoisonnés.

Les firmes allemandes, avec l'argent de leur partenaires américains qui avaient eux aussi réalisé d'énormes profits pendant la guerre, s'associèrent pour former l'IG FARBEN qui devint très vite la plus grande entreprise européenne de produits chimiques.
Ces conglomérats fournirent par la suite des fonds à HITLER pour réarmer sa Wehrmarcht "rempart contre les soviet".
C'est donc grâce au pétrôle de la Standart Oil de New Jersey que le Fürher put faire entrer ses tanks en Pologne et déclencher la seconde guerre mondiale...

Et pendant que les GI risquaient leur vie pour mettre fin à cette guerre, IG FARBEN, grâce aux esclaves que lui fournissait HIMMLER, produisait un gaz toxique pour exterminer des millions de victimes.

Profits à perte de vue

Les grandes firmes américaines de la pétrochimie avaient déjà connu une expansion sans précédent pendant "l'entre deux guerres".
Mais, avec la seconde guerre mondiale, leur profit fut encore plus grand, grâce à l'ammoniaque : on lança un million de tonnes de bombes sur l'Allemagne, contraignant les contribuables américains à verser des millions de dollars dans les caisses de ces firmes pour la fabrication de ces bombes. L'Amérique a payé de son sang, aussi bien que de son argent, la cupidité de ces compagnies. A la fin des hostilités, ces 18 nouvelles usines d'ammoniaque durent trouver de nouveaux débouchés : avec les profits réalisés pendant la guerre, elles produisirent donc encore plus d'engrais que les fermiers déversèrent dans leurs champs, tuant ainsi la poule au oeufs d'or...

Débouchés inattendus

L'un des polluants les plus toxiques jamais inventés, le fut par un chimiste suisse Paul MULLER.
A l'origine, ce produit dérivé de l'industrie de guerre devait protéger les GI contre les poux, les puces et autres parasites.
Tout droit sorti des tubes à essais, le DDT était l'insecticide le plus puissant jamais vu.
Les paysans l'utilisèrent pour augmenter les récoltes et la rentabilité. Aux Etats Unis, après la guerre, on utilisa le DDT comme on aurait utilisé de l'eau, jusqu'à ce que la toxine s'infiltre dans l'organisme des animaux et des humains.

Partout la grande industrie chimique réinvestissait les bénéfices de la guerre pour atteindre une croissance inégalée, toujours à la recherche de pesticides à large spectre.
La nature étant capable de se rebeller un peu plus chaque fois, il en fallait encore et encore pour la contrer.
Les paysans se lamentaient devant des récoltes de piètre qualité et des cultures qui, affaiblies par l'emploi excessif de substances chimiques, attiraient de plus en plus d'insectes. Ils se tournaient donc de plus en plus volontiers vers les produits chimiques et c'est avec complaisance que les firmes sortirent de nouveaux produits, pour la plupart des hydrocarbones chlorés similaires au DDT, tels que le Chlordane, l'Heptachlore, la Dieldrine, l'Aldrine, l'Endrine et des "phosphates organiques" tels que le Parathion et le Malathion.

En conclusion

Pour améliorer leur rendement, les agriculteurs américains changèrent leur mode de vie.
Ils passèrent de l'agriculture de subsistance à l'entreprise commerciale, investissant des sommes astronomiques dans de nouvelles terres et de nouveaux équipements, s'endettant lourdement pour acquérir des engrais, des pesticides, des herbicides, qui empoisonnaient le sol, tuant les micro-organismes, retardant la croissance des plantes tout en favorisant les maladies dégénératives chez l'animal et chez l'homme.

Pour quelques dollars de plus

Il ne restait plus qu'à reproduire le modèle de par le monde...

 

 


 

 

Ecole de cuisine Végétarienne Cuisine sans gluten et sans caséine - Cuisiner Autrement
Accueil | Plan du site | Flux RSS | FAQ | Catalogue PDF | Newsletter
Mentions légales | Confidentialité & Sécurité | CGV | Expédition & retours | Contactez-nous 

© Cuisiner Autrement -  Création My-Eboutique