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Le lait peut nous rendre malades...

SOYONS MOINS LAIT Nicolas Le Berre et Herve Queinnec

On dit que les phrases sorties de leur contexte n'ont plus la même signification, mais, les lignes ci-après nous en disent long, dans ce livre très instructif : "Soyons moins lait" de Nicolas Le Berre et Herve Queinnec aux éditions terre vivante.
Ce petit paragraphe nous a semblé important : à vous de juger ! Car, de même que nous passons le permis de conduire pour nos véhicules, nous devrions aussi connaitre le mode d'emploi de notre système enzymatique : bien des désagréments nous seraient évités.


 Le lait peut nous rendre malade

Il peut s’agir de maladies relativement bénignes, mais néanmoins très gênantes et coûteuses dans la vie quotidienne : il peut s’agir de maladies graves mettant éventuellement notre vie en danger.
Les premières ne font guère l’objet de recherches et les publications à leur sujet sont plutôt rares.

Pour ces affections, notre expérimentation personnelle suffit à vérifier les méfaits des produits laitiers.
Les secondes, par contre, intéressent beaucoup les équipes de chercheurs, et de nombreuses publications scientifiques disponibles à leur sujet : c’est pourquoi nous les avons regroupées à part : il s’agit des cancers hormono-dépendants, des affections cardiovasculaires et des maladies auto-immunes, pour nous en tenir aux sujets les mieux documentés.

L’intestin, une clé pour comprendre et entretenir notre santé

Un plant de tournesol (ou toute plante de votre choix) a un aspect et une vie très différente selon les qualités de la terre dans laquelle il pousse. Une terre déséquilibrée, mal arrosée, va le rendre chétif et en proie à différentes maladies.

A l’inverse, une terre saine et profonde le rendra superbe et attrayant, bien portant, et ce d’autant plus que la terre aura été bien aérée, recouverte de mulch pour éviter les rigueurs des grosses chaleurs et permettre une pleine activité microbienne du terrain.

Notre organisme est très semblable à une plante : son élan, sa vitalité, sa résistance aux maladies dépendent beaucoup des conditions de la terre qui le nourrit. Mais qu’est ce au juste que cette terre ?

Une plante dresse ses feuilles vers le ciel et plante ses racines dans la terre.

Si l’on transpose à l’homme, dont une des caractéristiques est la mobilité, il a fallu retirer les racines du sol et intérioriser ce système : la terre de l’homme est son bol alimentaire (aliment terre) et ses racines sont les villosités intestinales qui baignent dans ce bol pour y prélever les nutriments utiles.

Comme c’était plus facile pour se déplacer, les feuilles ont, elles aussi, été intériorisées. L’ensemble tronc, branche, feuilles est devenu l’arbre bronchique prolongé par les alvéoles pulmonaires. De nombreuses fonctions « feuille » sont restées au niveau de la peau, ce qui nous aide à comprendre son rôle très important.

La muqueuse intestinale, lieu stratégique.

Ce que nous mangeons constitue donc notre terre individuelle, c’est pourquoi l’alimentation est si importante pour notre santé et nous pouvons, au moins en grande partie, la choisir.
Ce choix est néanmoins complexe, car situé à la croisée de plusieurs chemins : la satisfaction de notre plaisir, l’apport quantitatif et qualitatif de nutriments correspondant à nos besoins, le respect du fonctionnement de notre tube digestif.

Ce dernier point mérite quelques développements.

Notre filière digestive fonctionne comme une chaîne, en partie adaptive, mais il ne faut pas quand même se moquer d’elle.
Lors de l’introduction d’aliments ou de constituants non prévus par la nature (certaines molécules de synthèse, certaines molécules déformées par des cuissons violentes ou dénaturées par des opérations chimiques ou physiques…), le système va réagir, s’abîmer un peu, comme s’il se salissait, mais ce n’est pas visible.
Or, il est navrant que les salissures intestinales ne se voient pas et que nous leur accordions de ce fait, si peu d’attention, comparativement au soin (très souvent abusif et nuisible) apporté à notre peau pour qu’elle paraisse propre.
Si nous accordions à nos intestins le dixième de l’attention accordée à notre peau, nous serions en meilleure santé. Si seulement nous pouvions voir nos intestins !
On sent bien les effets de leurs dysfonctionnements : ballonnements, troubles du transit, langue chargée, parfois douleurs, mais on n’y faire guère attention…c’est tellement banal.

Et pourtant la muqueuse digestive est fragile et complexe, surtout au niveau de l’intestin grêle : une nappe d’environ 100 mètres carrés, extrêmement fine (20 à 30 microns), faite d’une rangée de cellules jointives si tout se passe bien, et protégée par un film muqueux.
D’un côté le monde extérieur, notre bol alimentaire plus ou moins broyé (d’où l’importance de la mastication), plus ou moins bien préparé par les sucs digestifs, les aliments étant plus ou moins « démontés » en molécules constitutives car ici, nous sommes dans un monde de molécules.
C’est à cette échelle là que la vie s’échange, se donne.
De l’autre côté de cette fine pellicule cellulaire, notre milieu intérieur, notre sang, notre système immunitaire toujours aux aguets.

Partout, une activité encore bien plus intense qu’à Rungis au petit matin. Et nous ne voyons rien ! Nous ne sentons rien ! A peine de temps en temps un signe de bien être ou une plainte très assourdie, car non seulement nous ne voyons pas, mais de plus, nous ne prenons pas le temps d’y porter volontairement notre attention pour comprendre un peu…au moins un peu.

Tout ce système est autonettoyant, il fait de son mieux. Mais il faudrait tout de même l’aider, non pas avec des pilules, mais avec un peu d’attention, de tendresse : le laisser se reposer de temps à autre, et lui donner un travail adapté à ses capacités.
Ce n’est pas vraiment simple, car c’est individuel et variable selon les moments. Il y a là tout un travail d’écoute que notre intestin nous rendra au centuple.
Cette écoute attentive ne demande guère de temps et fournit beaucoup de renseignements.
Aucun examen médical n’est aussi riche d’enseignements et c’est cela la vraie prévention. Le recours fréquent aux fibroscopies et colonoscopies n’est qu’un ersatz. Elles permettent seulement de dépister tardivement les conséquences de notre non écoute.

La flore intestinale : cent mille milliards de bactéries utiles !

Saisissons bien que l’ensemble flore intestinale/paroi digestive (surtout la muqueuse et son film protecteur de mucines)/système immunitaire digestif forme un ensemble, en permanente interaction, en symbiose de travail.
Cet ensemble fonctionnel tire son importance d’une part entre le milieu extérieur, représenté par le bol alimentaire, et notre milieu intérieur dont on peut dire qu’il fait partie : d’autre part de sa capacité métabolique énorme puisqu’on la compare à celle du foie.
Cet ensemble porte le nom d’écosystème intestinal.

La flore comporte de nombreuses espèces différemment réparties selon les lieux du tube digestif, le gros intestin étant le plus habité.
L’ensemble constitue une population de cent mille milliards de micro-organismes, dont une partie est dite résidente tandis qu’une autre ne fait que passer.
La moitié environ de nos selles est constituée par des micro-organismes morts. La stabilité de la flore résidente est une preuve de l’existence de mécanismes régulateurs, de cette notion d’écosystème : sa composition, nous le reverrons, dépend en bonne partie de l’alimentation des premières semaines et à une influence sur le développement du système immunitaire digestif.

La flore résidente nous accompagne toute notre vie.
Ses rôles sont multiples. Elle ne se contente pas de participer passivement à la digestion.
Elle synthétise certaines molécules : vitamine B dont sans doute B9 et B12, vitamine K, acides gras volatils dont les butyrates, éléments nourriciers de la muqueuse intestinale, polyamines elles aussi nourricières de l’intestin mais partie prenante en cancérologie comme nous allons le voir bientôt.
Elle rend d’autres molécules actives (les isoflavones du soja par exemple sont transformés en principe actif à ce niveau).
Elle veille aussi à ne pas laisser s’implanter des micro-organismes qui risquent de créer des maladies, c’est l’effet barrière dû à ses propriétés immunostimulantes, à la gestion du pH de l’intestin et à son action sur le système immunitaire lui-même. L’entretien de cette flore intestinale est donc de toute première importance, d’où l’accent mis sur les probiotiques et les prébiotiques. De quoi s’agit-il ?

Entretenir la flore intestinale

Les probiotiques sont des micro-organismes ingérés vivants qui exercent des effets bénéfiques sur l’hôte par action sur l’écosystème intestinal. Leur effet n’est que transitoire et disparaît rapidement après ingestion.
Ils existent sous forme de préparations pharmaceutiques et dans l’alimentation sous forme de produits lacto-fermentés (choucroute…). Le lait caillé naturellement en est un prototype, le yaourt, une copie familiale ou industrielle.

Les prébiotiques sont des ingrédients alimentaires qui stimulent sélectivement la croissance et/ou l’activité de bactéries naturellement présentes dans le côlon.
Il s’agit surtout de l’inuline du topinambour et des autres légumes de la famille des composés : artichaut, cardon, chicorée, pissenlit, salsifis, scorsonère et de fructo oligosaccharides de nombreux légumes (ail, oignon, choux, asperge…).
Il semble également démontré qu’une petite partie de l’amidon des céréales – l’amidon dit «résistant» - et que les oligosaccharides des légumineuses ont une action prébiotique.
Une grand marque de sucre vient de commercialiser un mélange fait de 83% de saccharose et de 17% de fructo-oligosaccharides de betteraves en le présentant comme une innovation nutritionnelle…le problème est que mettre un peu de bon bordeaux dans un mauvais vinaigre n’aboutit qu’à gâter le bordeaux !

Il est clair que les antibiotiques, si largement distribués en particulier chez les enfants, perturbent fortement l’écosystème intestinal.

Un équilibre lié au contenu de notre assiette

Si le bol alimentaire est constitué n’importe comment, en dépit du bon sens, en dépit des sensations qui pourtant nous avertissent, tout ce merveilleux système va peu à peu se modifier et se détériorer :

- dans le tube digestif, pullulation microbienne indésirable, perturbation de la fonction digestive, formation de conglomérats moléculaires qui vont piéger des minéraux et des oligoélements, production de fermentations qui vont irriter les muqueuses,

- la paroi, elle, va se congestionner, sécréter anormalement.
Le film muqueux protecteur va se modifier dans sa structure et dans ses fonctions. Les cellules vont s’écarter un peu donnant lieu à des brèches (comme une digue qui se lézarde) et vont laisser entrer des éléments imprévus. Les transporteurs ne vont plus pouvoir faire correctement leur travail, des molécules ou des fragments de molécules vont pénétrer de façon anormale.
D’autres, à l’inverse, qui auraient dû pénétrer ne vont pas le faire.

A L’INTERIEUR : le système immunitaire, fortement représenté dans cette zone va se fatiguer et les défenses générales de l’organisme vont diminuer.
La présence de molécules ou fragment de molécules (alimentaires et/ou bactériens en particulier) va créer des réactions antigènes-anticorps d’où vont naître de multiples désordres : maladies allergiques, auto-immunes (beaucoup d’allergies respiratoires ou cutanées ont leur origine dans le fonctionnement intestinal).
D’autres molécules ne créeront pas de réaction immunologique, mais encombreront l’organisme comme un corps étranger. Il va essayer de les enkyster dans certains lieux en fonction d’une logique que nous ne comprenons pas encore bien mais constatons aisément.
Il s’efforce ensuite de les éliminer : beaucoup de rhumes ou de bronchite, d’écoulements en général, ne sont que des systèmes d’élimination relevant de ce mécanisme.

A DISTANCE : le métabolisme général va être déréglé : surpoids, dérèglements hormonaux, troubles du sommeil, acidose du milieu intérieur…et tous les organes vont s’en ressentir, y compris et peut être surtout le cerveau.
Car l’espèce de vague nutritive qui débute dans l’intestin va passer dans toutes les parties du corps et y déterminer un fonctionnement d’autant plus perturbé que sa nature même sera plus viciée et trouble.
Voilà des siècles que la médecine ayurvédique a fait du côlon le grand régulateur de l’élément «vent » élément dont la perturbation génère de nombreux troubles, en particulier du système nerveux.
Par une autre voie que la nôtre, ils avaient déjà repéré l’importance majeure d’un bon fonctionnement intestinal.
La comparaison avec l’air des grandes villes permettra de mieux saisir ce qui se passe. Il a fallu des années, des décennies de pollution aérienne (usines, voitures) pour que peu à peu l’air se modifie.
Au départ, on se moque des alarmistes qui attirent l’attention, qui montrent le risque. Et puis on continue encore et encore…jusqu’au jour où, dans des conditions particulières (chaleur, absence de vent…), les méfaits deviennent évidents.
Au début, seuls les gens fragilisés en pâtissent, mais à force de continuer, bientôt tout le monde en souffre plus ou moins. Il en va de même pour notre milieu intérieur extrêmement tolérant, jusqu’à un certain point.
Tout cela commence maintenant à être décrit en biologie, et ce qui n’était voilà encore quelques années qu’hypothèses commence à rentrer dans le champ des explications rationnelles, voire «scientifiques».
Pour toutes ces raisons, il importe, sans devenir maniaque ou obsessionnel, de faire attention à notre écosystème intestinal, donc à notre alimentation, c'est-à-dire, respecter notre terre individuelle, ce qui d’ailleurs va de pair avec le respect de notre Terre collective.

 

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